Premières semaines au parc régional de Tawharanui
Fini le tourisme, direction le boulot: après la paperasse et deux courses (le parc est assez isolé, premier village a 15km), direction la péninsule de Tawharanui, sanctuaire à ciel ouvert pour les espèces natives de Nouvelle-Zélande.
Un peu d'histoire: les terres néo-zélandaises se sont séparées du Gondwana (méga-continent) avant l'apparition des mammifères; ceux-ci ne sont donc jamais apparus au pays des kiwis, et ce sont les oiseaux qui se sont développés à la place, occupant des niches écologiques surprenante. Ainsi, le kiwi, espèce emblématique, se comporte exactement comme un petit mammifère ailleurs: vie nocturne, au ras du sol, à la recherche de graines repérées par l'odorat. Conséquence de cette absence de mammifères: pas de prédateurs au sol (seuls existent 2-3 rapaces), peu de concurrence pour la nourriture autre que celle entre oiseaux. Du coup, les mammifères introduits par les maori (rats du pacifique) puis les européens (chats, chiens, furets, et surtout opossums, véritables pestes) ont fait des ravages énormes, conduisant à la mise en danger de nombreuses espèces parfois endémiques (uniques au monde). Le but du parc a donc été de créer un lieu débarrassé de toute « peste », animale comme végétale (même principe que pour les animaux, il s'agit de plante arrivée par l'intermédiaire des hommes), un refuge où les oiseaux peuvent se reproduire et survivre librement. De nombreuses îles, gérées notamment par le Department of conservation, suivent ce principe; comme m'a dit une étudiante l'autre jour: « conserver en Nouvelle-Zélande, c'est tuer; triste, mais vrai ».
La péninsule est donc barrée à son extrémité ouest par une clôture électrique, et est constellée de lignes de protection (pièges et appâts empoisonnés) pour contrôler en permanence la présence des mammifères, lignes qu'il faut vérifier régulièrement. Mon boulot pour le moment a consisté principalement à vérifier ces lignes.
Un autre rôle du parc (et donc une autre de mes tâches) est l'accueil d'espèces réintroduites, que l'on suit au moyen de radio transmetteurs; il s'agit notamment du kiwi et du pateke, canard considéré comme l'une des 4 espèces d'oiseaux aquatiques les plus en danger au monde.
Une fois le boulot terminé, j'ai tout le temps que je veux pour explorer les 580 ha du parc, profiter des vagues du Pacifique (une des plages les plus réputées pour le surf de la région du nord d'Auckland borde la côte nord!!) ou papoter avec les autres résidents du Vol-Hole (surnom donné à la résidence des volontaires), à savoir 2 étudiants rangers, une doctorante étudiant le Tui (oiseau gros comme une pie et assez joli) et un français de passage.
Le lagoon, issu d'une carrière => vue depuis la terrasse!
La vue depuis ma chambre
Vue sur Anchor Bay, la fameuse plage
Et une des ses vagues
Un peu de Bush
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